Le chef est celui qui capte l’attention et règle les horloges sociales, telle la télévision dans les vidéocraties. Mais à l’heure de la surinformation, l’attention ne peut plus être dictée d’en haut ni confinée dans un canal unique de diffusion. Volatile, disséminée, changeante, cible obsessionnelle du commerce, des industries de la culture et de la technologie, l’attention se détourne de l’autorité. Fondée sur le secret, l’autorité est minée par les « révélations » (Wikileaks), la circulation et la duplication de l’information. Fondée sur le spectacle, elle n’a plus de spectateurs figés : pendant que le prof parle, les élèves consultent leur smartphone.
On ne dit plus « A mort ! », on dit « Dégage ! ».