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Adam Smith, malfaiteur de l’humanité

Paul Soriano, jeudi 24 février 2011

« Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage. Il n’y a qu’un mendiant qui puisse se résoudre à dépendre de la bienveillance d’autrui ; encore ce mendiant n’en dépend-il pas en tout ; c’est bien la bonne volonté des personnes charitables qui lui fournit le fonds entier de sa subsistance... ; (Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776).

A l’époque où Adam Smith formule son diagnostic, cette évidence n’est nullement avérée. Ce n’est certes pas la bienveillance, encore moins la charité qui motive notre boucher, mais ce n’est pas non plus l’appât du gain, exclusivement. Mais aussi, et peut-être surtout, quelque chose de difficile à définir, mais qu’ont peut approximativement nommer l’amour du métier.

Mais à défaut d’être anthropologiquement fondé, le jugement de Smith apparaît de nos jours comme une prédiction auto-réalisatrice. Exit la boucherie, place au commerce de la viande.

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