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Balzac : César Birotteau

rédaction, vendredi 22 décembre 2006

Grandeur et décadence de César Birotteau, la "bêtise de la vertu"

Grandeur et décadence, croissance et décroissance, tels sont, selon le narrateur de César Birotteau, les principes de tout être et de toute organisation. Il n’est pas de programme narratif plus limpide. Le récit s’ouvre, en décembre 1819, au faîte de la gloire du personnage éponyme, parfumeur et adjoint au maire du deuxième arrondissement de Paris ; il se clôt sur son décès. Il ne faut pourtant pas faire fi des tribulations de ce Christ de boutique, martyrisé sur la croix. Cette décoration inspire au futur Chevalier de la Légion d’honneur les dépenses somptuaires d’un bal et lui donne un vertige d’ambition qui l’amène à risquer toute sa fortune. Ruiné par Sarah Gobseck, le notaire Roguin flaire en Birotteau une dupe potentielle. Le notaire déchu entraîne son « ami » dans sa débâcle : il s’entremet auprès de lui dans une affaire de spéculation immobilière, s’empare de toutes les économies du parfumeur qui ne lui avait pas demandé de reçu, et fuit à l’étranger. Du Tillet, ancien employé de César congédié pour vol, et maintenant admis dans les hautes sphères de la Banque, est l’instigateur caché de cette escroquerie. Mû par un désir de vengeance, il achève de perdre Birotteau en sapant son crédit auprès des banques avec l’aide desquelles le parfumeur aurait pu se tirer de ce mauvais pas. Cependant César, soutenu par le dévouement de son oncle Pillerault, de sa femme, de sa fille, de son commis Popinot qui, aidé du génial vendeur qu’est Gaudissart, commercialise son huile céphalique, aidé enfin par les six mille francs qu’offre Louis XVIII à ce vieux et fidèle royaliste, rembourse tous ses créanciers, est réhabilité en 1823 et reprend sa Légion d’honneur. Mais terrassé par tant d’émotion, il meurt au jour de son triomphe. Cependant la probité de Birotteau est également l’agent de sa mort anticipée : il s’est tué à rembourser tous ses créanciers alors que ce n’est pas l’usage. César Birotteau, c’est d’après Balzac la « bêtise de la vertu » (Faux départ de 1833, Pl., VI, 1120)

Source de cette notice : Balzac. La Comédie humaine. Edition critique en ligne.

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