71 termes.
- art (oeuvre d’)Voir : symbole jeu
- authenticité« Sans théorie de l’authenticité, la notion d’idéologie manque de fondement. Pour qu’il vaille la peine de falsifier des billets, il faut des émissions légales. Idéologie et hypocrisie sont toujours des parasites. » (Nicolas Gomez Davila).
- auto-référenceLe discours philosophique est auto-référencé : comme le dit Kojève, c’est un discours qui parle (entre autres) de lui-même. S’il énonce une proposition générale à propos de la vérité, il doit satisfaire lui-même à ce critère. S’il énonce un jugement sur l’homme, étant donné que celui qui l’énonce est lui-même (...)
- auto-réfutationL’auto-réfutation affecte tout jugement critique prononcé absolument dans la mesure où il s’inclut dans ce qu’il réfute. Exemples : « la vérité n’existe pas » (cette vérité-là pas plus que les autres) ; « l’homme est incapable de prononcer des jugements valides » (y compris l’homme qui prononce ce (...)
- capacité« Capacité. Outillage naturel permettant de réaliser une petite partie des ambitions mesquines qui marquent la différence entre un homme capable et un homme mort » (Ambrose Bierce)
- catégoriesChez Aristote, les catégories sont les modes de l’être grâce auxquelles celui-ci peut être dit ceci ou cela. Il en distingue dix : la substance, la quantité, la qualité, la relation, le lieu, le temps, la position, la possession, l’action et la passion (le fait de subir l’action). Les catégories, (...)
- cerveauUne créature des profondeurs au cerveau minimal erre longtemps avant de trouver un point où se fixer… « Dès qu’elle l’a trouvé, elle survit en se dévorant elle-même. Et ce qu’elle dévore d’abord, c’est son propre cerveau. Ce minimum de matière grise, qui ne lui servait qu’à trouver son lieu, elle n’en a plus (...)
- charabia« Charabia : maniérisme d’un monde sans manières » (Jean Baudrillard)
- citation« Les citations dans mon travail sont comme des voleurs de grands chemins qui surgissent en armes et dépouillent le promeneur de ses convictions » (Walter Benjamin)
- cloître« Il faudra bientôt construire des cloîtres rigoureusement isolés où ni les feuilles ni les ondes n’entreront…. On y méprisera la vitesse, le nombre, les effets de masse, de surprise, de contraste, de nouveauté et de crédulité. C’est là qu’à certains jours on ira, à travers les grilles, considérer quelques (...)
- comportementLa philosophie est à la science ce que le comportement est au fonctionnement. On explique un fonctionnement, on n’explique pas un comportement, on le comprend (on peut le comprendre). Un fonctionnement s’explique par des causes. Un comportement se comprend par des raisons. Un fonctionnement est (...)
- conservateur« Conservateur : homme d’Etat féru des maux déjà existants, à la différence du Libéral qui désire les remplacer par d’autres »(Ambrose Bierce)
- démocratique« La mort seule est démocratique » (Nicolàs Gomez Dàvila)
- déterminismeToute philosophie déterministe consiste à priver l’humain (plus généralement le vivant) de l’une des dimensions de l’univers où il existe réellement. Mais pour pouvoir opérer cette réduction, il faut que le philosophe déterministe se situe précisément dans cette dimension niée. C’est pourquoi tout (...)
- différence ontologiqueLa différence ontologique (Heidegger) pourrait désigner la différence entre ce qui relève de la science (l’étude des étants mis à distance comme objets) et la philosophie comme savoir de l’Être. Ce savoir de l’Etre désignerait aussi bien le savoir sur l’Être (non objectivé) que le savoir « acquis » par (...)
- discours (philosophique)Notion empruntée à Kojève et (via Kojève) à Lacan. Discours pratique, théorique, philosophique. Discours poétique. La philosophie est un discours qui ne se réfute pas lui-même (ce qui suggère qu’il parle de lui-même). En d’autres termes : un discours sur (dans) un domaine absolu. (en cours de (...)
- dogmatismeUn autre exemple d’auto-réfutation : « Il faut refuser tout dogmatisme ».
- domaine absoluUn domaine absolu est un domaine d’immanence (on s’y trouve immergé) : le monde, l’homme (l’humain), le langage.... C’est aussi un domaine d’auto-référence : ce qui est dit (ou celui qui dit) est impliqué dans les propositions qui sont dites. Ce que je dis sur le langage est dit « en langage ». Je (en (...)
- empirismeL’empirisme est un attitude philosophique respectable qui consiste à ne faire confiance qu’à l’expérience. Malheureusement, la plupart des philosophies dites empiristes ne le sont pas. Hume, par exemple, pourchasse la causalité dans le monde comme notion purement métaphysique (non livrée par (...)
- entendement« Entendement. Sécrétion cérébrale permettant à celui qui la possède de distinguer une maison d’un cheval grâce au toit de la maison. Sa nature et ses lois ont été exposées en détail par Locke, qui chevaucha une maison, et par Kant, qui vécut dans un cheval » (Ambrose (...)
- forme (et structure)En attendant une définition rigoureuse, remarquons simplement que la forme est au vivant ce que la structure est à la science (à la représentation objective). La forme est vivante, elle n’est pas observable. Seule est observable la représentation de la forme sous l’aspect d’une structure. La (...)
- grammaireVoir jeu de langage
- idéalisme (philosophique)Voir : réalisme philosophique
- identité« OK Then. If I’m not me, who the hell am I ? » (Douglas Quaid, interprété par Arnold Schwarzenegger, dans le film Total Recall de Paul Verhoeve, 1990). Traduction platement philosophique : qui suis-je donc, si je ne suis pas moi (...)
- idéologieL’idéologie est discours pseudo-scientifique et pseudo-philosophique. Il est donc difficile de distinguer l’idéologie de la métaphysique. L’une et l’autre sont « théoriques » mais l’idéologie est plus explicitement tournée vers une pratique (la prise et la conservation du pouvoir). L’une et l’autre sont (...)
- imbécile« Tous les hommes sont des imbéciles »... Si cette proposition est énoncée par un homme (un être humain), il s’agit d’une proposition philosophique. Elle n’est ni vraie ni fausse, elle est insensée. En effet, si tous les hommes sont des imbéciles, celui qui l’énonce est un imbécile, et l’on ne peut (...)
- jeuVoir : symbole Références : Fink, Eugen, Le jeu comme symbole du monde, 1960. Minuit, 1966. Huizinga, Johan, Homo Ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu, 1938. Gallimard, 1951, « Tel ». Retrouvant certaines intutions centrales d’Héraclite, et de Nietzsche, les prolongeant et les (...)
- jeu de langageQuelle que soit la dimension ôtée à un domaine absolu pour en permettre la représentation, une science qui réintroduit cette dimension, le plus souvent subrepticement, dans son discours commet une imposture (voir scientisme). Souvent, cette tricherie est repérable par une analyse de la « grammaire » (...)
- LangueEn cours de publication
- libéralVoir conservateur
- manque« L’homme est un animal en état de manque. Même quand il a du pain, de l’argent, de l’amour, un partenaire aux échecs, quand il ne manque de rien, il se débrouille pour manquer de quelque chose » (Jacques A. Bertrand)
- métaphysiqueSavoir hybride qui partant de l’attitude philosophique (voir philosophie) s’aventure sur les territoires de la science) en courant le risque de dégénérer en pseudo-science. Il ne suffit pas de prétendre réfuter la métaphysique (celle des autres philosophes) pour lui échapper. Ainsi, la Critique de la (...)
- monde1. Le monde est tout ce qui a lieu (Die Welt ist alles, was der Fall ist). 1.1. Le monde est la totalité des faits, non des choses (Die Welt ist die Gesamtheit der Tatsachen, nicht der Dinge). (Wittgenstein, Tractatus logico-philophicus). Bien noter que le monde n’est pas la totalité de ce qui (...)
- mot d’esprit« Il fut un temps, paraît-il, où on sauvait sa tête avec un mot d’esprit. J’imagine mieux le temps où un mot d’esprit la fait perdre » (Montherlant)
- nihilismeEn cours de publication. Versions édulcorées : scepticisme, relativisme. La forme contemporaine le plus radicale du nihilisme est le scientisme.
- normal« Le paradoxe fondamental du christianisme, c’est de considérer que l’état ordinaire de l’homme n’est pas son état d’homme sain d’esprit ou intelligent et que l’état normal lui-même est anormal. » (Chesterton, Orthodoxie).
- nostalgie« Es conveniente de vez en cuando ser conscientes de que hoy, de que ahora estamos fabricando las nostalgias que descongelarán algún futuro » (Mario Benedetti).
- novembreNovembre a couronné les arbres morts de givre La montagne d’où les troupeaux s’en vont, bêlant, A revêtu son froid manteau de satin blanc : Les couchants sont couleur de turquoise et de cuivre. (Laurent Tailhade, décédé le 1er novembre (...)
- observationAttitude et comportement relatifs à une représentation objective, « à distance », transcendante. S’oppose à : participation (sans distance, immanente). Voir : observation : représentation, science participation : symbole, jeu, art (œuvre (...)
- parlotteIl y a les discours, philosophiques ou autres, les discours identifiés par Kojève ou par Lacan, et il y a les parlottes, le degré zéro du discours : parlottes postmodernes (après la « fin des grands récits »), parlottes technologiques, écologiques, artistiques, etc. Sur quelques-unes de ces parlottes, (...)
- participationS’oppose à : observation
- patrieLa patrie ne peut être reconquise que sur un plan spirituel, sur une base universelle, « qui ne s’oppose en rien à l’ultralocal et même en procède... Qu’on pût être de sa région sans être provincial fut un miracle du Moyen Âge. » (Nicolas Gomez (...)
- paysage« Dès qu’il a fixé ton regard, le paysage porte en lui ton attente. Il devient l’autre lieu de toi-même, celui que tu dois oublier en l’approchant pour entendre dans ta pensée le silence de la terre et du vent » (Alain Butard)
- philosophe (institutionnel)Un philosophe professionnel (ou institutionnel) est une personne qui a obtenu des diplômes de philosophie l’autorisant à enseigner à son tour la matière. Les médias qualifient également de « philosophes » des intellectuels d’extraction diverse qui interviennent dans les journaux ou, plus rarement, à la (...)
- philosophieSavoir immédiat portant sur des domaines absolus : l’homme, le monde, le langage, etc. En ce sens, la philosophie s’oppose radicalement aux sciences qui traitent d’objets mis à distance par une représentation (il n’y a pas de science possible des domaines absolus). Elle s’oppose aussi aux discours (...)
- place de DieuEn dépouillant une réalité de l’une de ses dimensions, l’observateur se donne à lui-même une forme ou une autre de supériorité. Il « prend de la hauteur ». C’est ainsi que si je réduit l’espace géométrique à deux dimensions je deviens « supérieur » par rapport à l’univers parfaitement plat que j’observe. Dans (...)
- praxéologieScience de l’action. Dans son ouvrage L’Action, von Mises se propose de constituer une science de l’action axiologiquement neutre (Wertfrei), capable de rendre compte de toute forme d’action, indépendamment de ses motivations. D’après la suite de l’ouvrage, la praxéologie semble bien se réduire à (...)
- raison« Le fou n’est pas celui qui a perdu sa raison. Le fou est celui qui a tout perdu sauf sa raison. » (Chesterton, Orthodoxie)
- réalisme (philosophique)Le réalisme philosophique (ou plutôt métaphysique) considère que le monde et les êtres qui le peuplent sont bien réels et que la connaissance que nous pouvons en acquérir est valide. Figures : Aristote, saint Thomas, Raymond Ruyer, René Thom… L’idéalisme métaphysique, lui, se résume assez bien dans le (...)
- réductionTout science, tout savoir objectif (y compris les sciences dites « humaines » ou « sociales », les idéologies, la métaphysique, etc.) opère a priori une réduction sur la réalité qu’elle prétend connaître. Elle prive imaginairement (souvent implicitement) cette réalité d’une ou plusieurs dimensions pour (...)
- regard« Tant de mains pour transformer ce monde et si peu de regards pour le contempler ». (Julien Gracq)
- régle« Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît » (Somerset Maugham
- relativitéIl a fallu attendre le début du XXe siècle pour que des physiciens s’aperçoivent enfin que le physicien n’est pas en dehors du monde, que le monde n’est pas un « objet » extérieur sous le regard d’un physicien installé à la « place de Dieu ». En d’autres termes : qu’il n’existe pas de référentiel absolu (la (...)
- représentation (objective)Acte ou produit de l’acte consistant à dépouiller une réalité de certaines de ses dimensions pour la rendre observable, et la transformer ainsi en objet de science. Voir aussi représentation symbolique Pour représenter un cube ou une sphère (trois dimensions) sur une feuille de papier (deux (...)
- représentation symboliqueActe ou produit de l’acte consistant à symboliser une réalité pour la rendre participable. Cette représentation non réductrice (ou objective) est propre à la sphère du « jeu » (Fink), de l’art, mais aussi de la politique. C’est ainsi que l’on parlera d’une représentation théâtrale, par exemple. En (...)
- rigueurLa philosophie n’est pas une « science » rigoureuse (Husserl), puisque ce n’est tout simplement pas une science, mais c’est la plus rigoureuse de toutes les disciplines intellectuelles. Comparée à elle, la science est toujours exposée au bricolage, que ce soit lorsqu’elle définit (ou ne définit pas) (...)
- roman« L’ennui de n’être que soi peut devenir insupportable. C’est ainsi qu’on en vient à écrire des romans »(André Bleikasten, biographe de Faulkner)
- scepticismeAttitude philosophique qui met en doute la validité de toute attitude philosophique à l’exclusion du scepticisme. Exemple intéressant d’auto-réfutation. Au théâtre du monde, le sceptique met en scène son doute quant à l’existence de l’auteur, de la pièce, des acteurs, du décor et du public. Version (...)
- scienceSavoir systématique portant sur un objet, c’est à dire une représentation de la réalité.
- sciences humainesLes sciences humaines sont particulièrement fécondes en discours insensés : la métaphysique et surtout l’idéologie y surabondent. A vrai dire, toute science humaine verse nécessairement dans l’idéologie et le non-sens : ce qu’elle peut dire en tant que science est incompatible avec son « objet », (...)
- scientismeLe scientisme est la métaphysique où verse le plus couramment la science quand elle sort de son domaine de validité. Il s’agit d’une imposture intellectuelle consistant à prononcer abusivement à propos d’un domaine absolu des jugements qui ne sont valides que pour sa représentation (cette même réalité (...)
- sens communLa philosophie dite « du sens commun » n’est pas, selon nous, une école philosophique particulière, c’est une autre façon de dire philosophie. Dire que la philosophie « s’oppose au sens commun » est une sottise motivée par la vanité du philosophe désireux de se distinguer du commun. A condition de bien (...)
- silence« La disparition du silence doit être comptée parmi les indices annonciateurs de la fin » (Cioran)
- structureVoir : forme
- suicide« Pourquoi je ne me suicide pas ? Parce que la mort me dégoûte autant que la vie » (Cioran)
- SujetEn cours de publication
- surface absolueRaymond Ruyer qualifie de « surface absolue » une étendue perçue (ou plutôt éprouvée, vécue) sans prise de distance. C’est le cas, par exemple, du champ de vision. Le champ de vision n’est pas vu. Il n’est pas une image. Il n’est pas à distance de « moi », il n’est même pas à « zéro distance », il est sans (...)
- symboleConvenons d’appeler symbole une forme de représentation qui ne nous met pas à distance de la réalité représentée, dans une situation d’observation « objective », mais en participation avec cette réalité. L’œuvre d’art et, plus généralement, le « jeu » (Eugen Fink) sont des exemples d’une telle représentation (...)
- valeur(s)Principe qui détermine un jugement dit « axiologique » (le vrai, le beau, le juste...). La science se veut axiologiquement neutre (elle ne juge que des faits) mais elle présuppose une prise de position axiologique préalable, ne serait-ce qu’une valorisation de la science elle-même, par rapport à (...)
- véritéDe tous les discours, la philosophie est le seul qui ait affaire avec la vérité, qui n’a d’autre raison d’être que la vérité. Le discours des sciences n’a rien à voir avec la vérité, tout au plus avec l’exactitude, et davantage encore avec l’efficience. C’est à juste titre que l’on parle de plus en plus (...)
- VieMaladie mortelle sexuellement transmissible.
